Comment se passe un spermogramme ?
Le spermogramme analyse le sperme et repère des anomalies à l'origine de difficultés à concevoir, il intervient notamment lors d'un projet de conception.
Sommaire
Ce qu’il faut retenir
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Le spermogramme est l’examen de base du bilan de fertilité masculin et analyse notamment la concentration, la mobilité, la morphologie, le volume et la vitalité des spermatozoïdes.
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Le résultat du spermogramme doit toujours être interprété avec le contexte clinique, car un examen isolé ne résume pas à lui seul la fertilité d’un homme.
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Un spermogramme normal repose sur des seuils de référence, mais ces valeurs n’ont pas valeur de garantie absolue de conception naturelle.
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L'alcool, les perturbateurs endocriniens, le tabac, l’excès de chaleur, les troubles métaboliques et certaines habitudes de vie peuvent altérer la qualité du sperme.
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Modifier ses habitudes de vie (alimentation, activité physique, stress, sommeil) et utiliser des stratégies complémentaires (antioxydants, carnitine, taurine, probiotiques...) vise à soutenir la fertilité masculine.
Le spermogramme est souvent l’un des premiers examens prescrits lorsqu’un projet bébé tarde à aboutir. Pourtant, il reste mal connu, parfois source d’appréhension, alors qu’il s’agit d’une analyse du sperme pour explorer la fertilité masculine. Cet examen apporte des informations concrètes sur la quantité de spermatozoïdes, leur capacité à se déplacer, leur forme et la qualité globale de l’éjaculat. Il ne pose pas, à lui seul, un diagnostic définitif, mais il oriente la suite du bilan de fertilité de façon très utile.
1. Qu’est-ce qu’un spermogramme ?
Le spermogramme est un examen médical essentiel pour évaluer la fertilité masculine. Il permet d’analyser plusieurs paramètres du sperme afin d’identifier d’éventuelles anomalies.
A. Définition du spermogramme
Le spermogramme est un examen biologique qui étudie plusieurs paramètres du sperme après recueil en laboratoire. En pratique, cette analyse du sperme évalue notamment la concentration des spermatozoïdes, leur mobilité, leur morphologie, le volume de sperme et, selon les cas, leur vitalité. Il constitue la base de l’exploration du versant masculin dans un projet de conception.
B. Pourquoi réaliser un spermogramme ?
Un spermogramme est habituellement demandé en cas de difficultés à concevoir, mais aussi après certaines infections génitales, une chirurgie testiculaire, une varicocèle, un traitement potentiellement toxique pour les organes reproducteurs. Son intérêt est d’objectiver la qualité de l’éjaculat au-delà des impressions subjectives.
C. Quand faire un spermogramme dans un projet de conception ?
Lors du projet de conception, le spermogramme est souvent proposé après 12 mois d’essais réguliers (2 à 3 fois par semaine) et non protégés, sans grossesse avant 35 ans, ou plus tôt en présence de facteurs de risque connus ou si la partenaire a 35 ans ou plus. Il peut aussi être demandé plus précocement lorsque des antécédents masculins orientent vers un trouble spermatique.
2. Comment se déroule un spermogramme ?
Avant de réaliser un spermogramme, certaines conditions doivent être respectées afin de garantir la fiabilité des résultats. Ces recommandations permettent d’obtenir une analyse précise de la qualité du sperme.
A. Les conditions à respecter avant l’examen
Avant un spermogramme, le laboratoire recommande généralement une période d’abstinence sexuelle de quelques jours, le plus souvent entre 2 et 7 jours selon les protocoles. Cette étape compte, car elle influence directement plusieurs paramètres des résultats du spermogramme, notamment le volume et la concentration. Il est également conseillé de signaler toute fièvre récente, car elle peut transitoirement altérer la qualité du sperme pendant plusieurs semaines.
B. Comment se passe le prélèvement du sperme ?
Le recueil se fait habituellement par masturbation dans un flacon stérile, le plus souvent au laboratoire. L’objectif est de récupérer l’intégralité de l’éjaculat, car la première fraction est particulièrement riche en spermatozoïdes. En d’autres termes, la qualité technique du recueil a une vraie importance pour l’interprétation du spermogramme.
C. Que se passe-t-il au laboratoire après le prélèvement ?
Après le recueil, l’échantillon est laissé en liquéfaction puis analysé selon une méthodologie standardisée. Le laboratoire mesure les paramètres macroscopiques et microscopiques, puis établit les résultats du spermogramme. Selon les situations, cette analyse du sperme peut être complétée (spermoculture), un test (fragmentation de l’ADN spermatique) ou d’autres examens spécialisés, surtout si une anomalie du spermogramme est repérée.
3. Quels paramètres sont analysés lors d’un spermogramme ?
Le spermogramme repose sur l’analyse de plusieurs paramètres clés permettant d’évaluer la qualité du sperme. Chacun d’eux apporte des informations précieuses sur la fertilité masculine.
A. La concentration des spermatozoïdes
La concentration des spermatozoïdes correspond au nombre de spermatozoïdes par millilitre de sperme. C’est un paramètre phare du spermogramme, mais il doit être interprété avec le volume total de l’éjaculat. Un chiffre abaissé peut évoquer une oligospermie, terme utilisé lorsque le nombre de spermatozoïdes est inférieur à une concentration de 15 millions de spermatozoïdes / mL.
B. La mobilité des spermatozoïdes
La mobilité des spermatozoïdes renseigne sur leur capacité à progresser dans les voies génitales féminines jusqu'à l'ovocyte. Une mobilité insuffisante peut évoquer une asthénospermie (mobilité progressive < 32 %) .
C. La morphologie des spermatozoïdes
La morphologie des spermatozoïdes étudie la proportion de formes considérées comme normales selon des critères standardisés. Une proportion trop basse peut correspondre à une tératospermie (< 4 % de formes normales) . Ce paramètre est délicat, car son évaluation nécessite une bonne standardisation et peut varier selon les laboratoires.
D. Le volume et la vitalité du sperme
Le volume de sperme et la vitalité complètent l’analyse. Un volume trop faible peut orienter vers un trouble de l’émission ou des glandes annexes, tandis qu’une vitalité basse indique. Ces données enrichissent l’interprétation globale d’un spermogramme normal ou pathologique (voir Les valeurs de référence de l’OMS).
4. Comment interpréter les résultats d’un spermogramme ?
L’interprétation d’un spermogramme repose sur la comparaison des résultats avec des valeurs de référence établies. Ces repères permettent d’évaluer la fertilité masculine et d’identifier d’éventuelles anomalies.
A. Les valeurs de référence de l’OMS
Les valeurs de référence de l’OMS aident à situer le résultat d’un patient par rapport à une population d’hommes ayant réussi à concevoir dans un délai défini (< 1 an). Elles sont très utiles, mais un spermogramme normal n’est pas une garantie de fertilité absolue, pas plus qu’un résultat abaissé ne signifie impossibilité de concevoir. L’interprétation doit tenir compte du contexte du couple.
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Paramètre du spermogramme |
Ce qu’il mesure |
Repère souvent utilisé |
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Volume |
Quantité d’éjaculat |
≥ 1,4 mL |
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Concentration |
Nombre par mL |
≥ 16 millions/mL |
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Nombre total |
Total par éjaculat |
≥ 39 millions |
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Motilité totale |
Spermatozoïdes mobiles |
≥ 42 % |
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Motilité progressive |
Déplacement efficace |
≥ 30 % |
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Morphologie normale |
Formes typiques |
≥ 4 % |
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Vitalité |
Spermatozoïdes vivants |
≥ 54 % |
Ces repères sont des seuils de référence issus des données OMS et servent d’appui à l’interprétation, sans remplacer l’analyse clinique complète.
B. Quelles sont les anomalies possibles du spermogramme ?
Parmi les anomalies fréquentes figurent l’oligospermie pour une baisse de la concentration, l’asthénospermie pour une baisse de mobilité, la tératospermie pour une altération morphologique, ou l’azoospermie lorsqu’aucun spermatozoïde n’est retrouvé. Une anomalie du spermogramme peut être isolée ou associée à plusieurs autres. C’est pourquoi le compte rendu doit être lu de façon globale.
C. Un spermogramme anormal signifie-t-il infertilité ?
Non. Un spermogramme anormal ne signifie pas automatiquement infertilité masculine. D’abord parce que la spermatogenèse s’étale sur plusieurs semaines et qu’un épisode infectieux, un stress important ou une exposition thermique peut modifier transitoirement les paramètres. Ensuite parce que la fertilité dépend aussi d’éléments féminins et du timing des rapports. C’est la raison pour laquelle un second spermogramme est souvent demandé à distance pour confirmer le profil observé.
5. Peut-on améliorer la qualité du sperme ?
Il est possible d’agir sur certains facteurs pour améliorer la qualité du sperme. L’environnement et le mode de vie jouent un rôle clé dans la fertilité masculine.
A. Les facteurs environnementaux qui influencent la fertilité masculine
La qualité du sperme peut être altérée par le tabac, l’alcool, certains polluants, l’excès de chaleur testiculaire, le surpoids et les déséquilibres métaboliques. Le stress oxydatif occupe ici une place importante, car il endommage les membranes spermatiques et peut affecter la mobilité, la morphologie et l’intégrité de l’ADN spermatique.
B. Le rôle de l’alimentation et du mode de vie
Une alimentation de bonne qualité nutritionnelle, un poids plus stable, une activité physique régulière, un sommeil suffisant et l'arrêt du tabac font partie des leviers les plus cohérents pour soutenir la fertilité masculine. La réduction des expositions environnementales au stress oxydant et à l'inflammation est un levier fondamental pour soutenir la fertilité masculine (tabac, alcool, drogue récréative, perturbateurs endocriniens). Une alimentation variée et équilibrée, un poids plus stable, une activité physique régulière, un sommeil suffisant et la gestion du stress permettent de moduler favorablement les désordres métaboliques (surpoids, cholestérol, insulinorésistance...).
Inflammation, stress oxydatif et troubles métaboliques sont des mécanismes qui s'auto-entretiennent et qui favorisent les altérations du spermogramme.
C. Les micronutriments impliqués dans la fertilité masculine
Les données cliniques sur les antioxydants sont hétérogènes, mais plusieurs travaux suggèrent un intérêt de certaines synergies d’actifs. Une méta-analyse rapporte que la carnitine se classe parmi les approches les plus favorables pour la mobilité des spermatozoïdes et la morphologie des spermatozoïdes (Fan et al., 2022), tandis que le coenzyme Q10 montre un effet intéressant sur la mobilité et la concentration des spermatozoïdes. Le sélénium et les vitamines C et E s’inscrivent dans la logique de lutte contre le stress oxydatif.
Dans la logique de synergie d’actifs, il est cohérent de retenir les axes suivants :
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mobilité : carnitine, taurine, coenzyme Q10
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concentration : carnitine, sélénium
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morphologie : vitamines C et E, zinc, sélénium, coenzyme Q10
Les compléments alimentaires ne se substituent pas à un mode de vie adaptée ni une alimentation variée et équilibrée. Les professionnels de santé (médecins, pharmaciens) peuvent vous orienter pour une prise en charge adaptée.
D. Les microbiotes impliqués dans la fertilité masculine
Le microbiote intestinal et le microbiote séminal attirent de plus en plus l’attention. Des revues récentes décrivent des liens entre dysbiose intestinale, inflammation de bas grade, stress oxydatif et altération des paramètres spermatiques. Le concept de l’axe intestin-testicule soutient l’idée qu’un terrain inflammatoire ou métabolique défavorable peut retentir sur la spermatogenèse.
Le modèle théorique dit GELDING propose qu’une augmentation du passage d’endotoxines d’origine intestinale dans la circulation générale, notamment dans l’obésité, puisse participer à une baisse de la fonction testiculaire. Il s’agit d’une théorie physiopathologique à considérer en pratique clinique, pertinente pour comprendre pourquoi santé métabolique, inflammation et fertilité sont liées.
E. Compléments alimentaires : probiotiques et qualité du sperme
Un essai randomisé triple aveugle contre placebo mené par Abbasi et al. en 2021 chez des hommes ayant une infertilité sans cause identifiée a observé, après 80 jours de symbiotique 7 souches probiotiques + fibres), une amélioration de la concentration, de la mobilité et de la morphologie, avec une baisse des marqueurs de dommage de l’ADN spermatique, (les probiotiques exerceraient ainsi leurs effets bénéfiques sur les paramètres spermatiques via la réduction du stress oxydant). Les probiotiques ouvrent une piste intéressante chez certains patients sans cause clairement identifiée à l'origine de l'infertilité, mais concernés par le terrain inflammatoire et métabolique.
6. Quand consulter après un spermogramme ?
Une consultation est utile dès qu’un spermogramme montre une anomalie, ou si le projet bébé n’avance pas malgré un spermogramme normal. Elle permet d’interpréter les chiffres, de vérifier les antécédents, l’examen clinique, le mode de vie et, si besoin, de compléter avec un bilan hormonal, une échographie ou des examens spécialisés. Dans cette logique, le spermogramme n’est pas une fin, mais un point de départ.
FAQ sur le spermogramme
1. Combien de temps faut-il pour voir une évolution des paramètres du spermogramme ?
En général, une évolution n’est pas attendue avant plusieurs semaines. La production d’un spermatozoïde mature s’inscrit sur environ 2 à 3 mois, ce qui explique pourquoi les mesures hygiéno-diététiques ou nutritionnelles sont évaluées sur cette durée.
2. Faut-il être à jeun pour faire un spermogramme ?
Non, le spermogramme ne nécessite habituellement pas d’être à jeun. En revanche, il faut suivre les consignes du laboratoire concernant l’abstinence et les modalités de recueil.
3. Combien de jours d’abstinence faut-il avant un spermogramme ?
Le plus souvent, le laboratoire recommande entre 2 et 7 jours d’abstinence. Cette fenêtre vise à standardiser l’analyse du sperme et à rendre le résultat plus interprétable.
4. Combien de temps faut-il pour obtenir les résultats d’un spermogramme ?
Le délai varie selon les laboratoires. Un premier compte rendu peut être disponible rapidement, mais certains examens complémentaires (spermoculture, test de fragmentation de l’ADN spermatique, etc.) demandent davantage de temps.
5. Un spermogramme anormal signifie-t-il qu’un homme est infertile ?
Non. Une anomalie du spermogramme ne suffit pas à conclure à une infertilité masculine définitive. Elle doit être confirmée, contextualisée et intégrée à l’histoire du couple.
6. Combien coûte un spermogramme et est-il remboursé ?
En France, le spermogramme peut être pris en charge lorsqu’il est prescrit dans un cadre médical. Le coût exact dépend du laboratoire et des examens associés. Pour une information individuelle fiable, il faut vérifier auprès du laboratoire ou de l’Assurance Maladie.
7. Combien de spermogrammes faut-il faire pour confirmer un diagnostic ?
Souvent, deux examens sont nécessaires, à distance l’un de l’autre, surtout si le premier présente des anomalies. Cela permet de limiter l’effet des variations naturelles ou d’un facteur transitoire.
8. Peut-on améliorer son spermogramme naturellement ?
Il est possible d'améliorer certains paramètres en agissant sur les expositions environnementales (tabac, alcool, perturbateurs endocriniens...) et le mode de vie (alimentation, activité physique, sommeil, stress). Selon le profil, une stratégie nutritionnelle ciblée peut aussi être discutée avec un professionnel de santé.
Sources :
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Barratt CLR et al. The sixth edition of the WHO Laboratory Manual for the Examination and Processing of Human Semen. Fertility and Sterility, 2021.
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Abbasi B, Abbasi H, Niroumand H. Synbiotic (FamiLact) administration in idiopathic male infertility enhances sperm quality, DNA integrity, and chromatin status: A triple-blinded randomized clinical trial. Int J Reprod Biomed, 2021. PMID: 33842820.
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Fan Y et al. The Effect of Antioxidants on Sperm Quality Parameters and Pregnancy Rates for Idiopathic Male Infertility: A Network Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Frontiers in Endocrinology, 2022.
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Tremellen K. Gut Endotoxin Leading to a Decline IN Gonadal function (GELDING). Basic and Clinical Andrology, 2016.
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Pietrangelo A et al. Sperm Microbiota and Its Potential Impact on Male Fertility: A Systematic Review, 2026.
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Wang et al. Gut microbiota is involved in male reproductive function: a review. Frontiers in Microbiology, 2024.